Les coulisses de la création


DIORETMOI_photo_33


Les ateliers flou et tailleur
« Les ateliers sont des déchiffreurs de hiéroglyphes », écrit Christian Dior dans son autobiographie. Les soixante petites mains des ateliers Dior interprètent les désirs du créateur, comprennent ses ambitions et ses souhaits, saisissent les subtilités de son art et les expriment. La haute couture est distinguée en deux ateliers : l’atelier Tailleur, qui travaille les lignes et la structure des vestes, pantalons et manteaux, et l’atelier Flou, qui crée les courbes légères et souples des robes fluides et des jupons évanescents. Le fonctionnement et le processus des deux ateliers est le même.

Les prototypes ou toiles
Après avoir reçu le dessin du studio de création, les ateliers réalisent les prototypes, ou toiles, que l’on peut décrire comme des « maquettes » des modèles qui défileront. Un minimum de trois essayages (ou « fittings ») est nécessaire à la mise au point d’un modèle final. Ces essayages constituent un véritable échange entre la connaissance technique et l’excellence des ateliers, qui vont alors concrétiser les désirs du directeur artistique et du studio de création.

Les attributions
C’est à l’issue des essayages que les tissus définitifs, les broderies et tous les éléments qui constituent le vêtement sont attribués à la toile. « Avec Raf Simons, nous échangeons nos points de vue. Il nous demande notre avis, confie la première de l’atelier Flou. C’est alors que vont intervenir les mains qui façonnent, coupent, faufilent et montent une robe. » Le savoir-faire, quasiment cérémonial, que Christian Dior décrivait en son temps, n’a pas changé.

La découpe du tissu
Les tissus sont préparés. Ils sont découpés, piqués, cousus ; des fils sont passés autour du patron et le révèle en trois dimensions. Ils sont alors, à cette étape, prêts à être assemblés.

Le montage final
Les différents éléments d’une robe ou d’un tailleur sont alors montés et disposés sur un mannequin de bois (mannequin Stockman). On réalise le fond d’une robe, véritable colonne vertébrale, comme ici, à l’atelier Flou : « Je couds les deux parties entre elles, la doublure et le tissu, avec du fil que j’enlèverai ensuite. » Là, à l’atelier Tailleur, on applique la technique du picotage, une opération longue et ancestrale, qui consiste à coudre l’intérieur du col et le revers de la veste pour apporter toute la tenue et le bon tombé nécessaires à la pièce. « On ne peut pas camoufler un tailleur. Il faut être rigoureux, faire en sorte que cela soit parfait », assure-t-on à l’atelier.

Enfin, vient l’heure de présenter les créations à celui qui les a dessinées. Raf Simons inspecte, examine, ajuste quelques détails et accepte, enfin, de voir partir ses créations pour qu’elles défilent, devant le monde entier.

Facebook